Saint-Maur : les élus de Gauche votent Contre la contractualisation avec l’Etat

Catégorie parente: Conseil municipal
Création : dimanche 1 juillet 2018 16:00
Mis à jour : dimanche 1 juillet 2018 16:00
Publication : dimanche 1 juillet 2018 16:00
Écrit par Elisabeth Bouffard-Savary
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Saint-Maur : les élus de Gauche votent Contre la contractualisation avec l’Etat
La majorité municipale contractualise avec l’Etat ; les opposants de droite s’ abstiennent et nous ,
élus de Gauche de la liste Saint-Maur écologique et solidaire, avons voté Contre.
Pourquoi, alors qu’il nous semble effectivement important que l’Etat « intervienne » dans une
commune comme Saint-Maur qui, à la faveur de dizaines d’années de gestion hasardeuse menées
par des majorités successives de droite, a accumulé un déficit colossal, qui coûte chaque année
quelques 22 M€ à notre collectivité, soit quelques 700€ par foyer fiscal saint-maurien ?
 A priori, pour la défense de Saint-Maur et des Saint-Mauriens, nous sommes favorables à la
contractualisation. avec l’Etat. Non pas que nous approuvions le gouvernement et ses méthodes
autoritaires et confiscatoires de la liberté de gestion des collectivités, mais pour Saint-Maur. Nous
considérons, en effet, que la situation est telle qu’un « regard appuyé » et une gestion encadrée par
l’Etat, pouvant éviter une mise sous tutelle, sont indispensables pour sauvegarder l’intérêt public ; en
tout cas, plus rassurant que de sombres coupes budgétaires à la hussarde ou de larges ventes du
patrimoine communal comme la majorité municipale sait le faire et auxquelles elle pourrait
procéder « en toute liberté ».
Deux aspects sont importants dans cette contractualisation :
1/ La limitation des dépenses de fonctionnement à +0,9%/an au cours des 3 prochaines années : telle
est la contrainte fixée par l’Etat à Saint-Maur ; sur cet aspect, nous sommes favorables à une
contractualisation car de très gros efforts de gestion ont déjà été faits, et il n’est pas certain que l’on
puisse continuer à ce rythme. Exemples : en 2017 : entretien des bâtiments et des chaudières : -31%,
frais d’affranchissement (-28%), fournitures d’entretien (-21%), fournitures administratives -41% ;
subventions aux associations intervenant dans le domaine social et la santé : - 8% ; pour 2018 :
baisse des effectifs, explosion de l’amende SRU , etc…
Dans une telle situation, l’intérêt de contractualiser avec l’Etat permet qu’en cas d’échec, nous
soyions moins sanctionnés qu’en l’absence de contractualisation. Et mieux vaut pour la défense de
l’intérêt général et des services publics, un regard « appuyé » de l’Etat qu’une liberté totale comme
l’a toujours revendiqué la majorité municipale actuelle. Car, le risque est grand de la part de celle-ci
de passer au secteur prié des services jusqu’alors publics, de multiplier les délégations de service
public, de supprimer des postes, tout cela afin d’alléger, et les coûts de fonctionnement, et
notamment les coûts en personnel.
2/ Une réduction de notre capacité de désendettement de 23 ans à 12 ans à l’horizon 2024
Actuellement, chaque foyer saint-maurien débourse quelques 700€/an pour rembourser la dette et
la capacité de désendettement de la ville est de 23 ans.
Comment fait-on ? Aucune information du maire. Comme pense-t-il y parvenir : fortes hausses
tarifaires (à payer par les Saint-Mauriens !) pour augmenter les recettes et ainsi dégager des
capacités de remboursement ? De nouvelles ventes de patrimoine municipal ? Aucune information
donnée aux élus de l’opposition, et par voie de conséquences aux 65% d’électeurs saint-mauriens
qu’ils représentent ; des simulations financières ? Rien. Un peu comme si on vous demandait de
signer un prêt sans vous donner le montant des remboursements …
Refus du maire d’informer. Suspension du Conseil municipal pour se concerter. …
 Impossible de « donner un chèque en blanc » au maire sans réponses précises à nos
questions, sans connaitre précisément les impacts pour les Saint-Mauriens en termes d’impôts, de

tarification, etc… Car déjà pour la rentrée 2018, les parents sont extrêmement « surpris » des
hausses tarifaires (plus de 1000€/an/enfant) des accueils, des activités périscolaires, etc..


votez favorablement ! disait le maire, avec une émotion soudaine, demandant l’unanimité sur cette
contractualisation et donc, un vote confiance.
Mais, comment voter, alors qu’il y a une volonté manifeste de ne pas informer.
Et comment faire confiance lorsque la rhétorique aujourd’hui déployée par le maire est , par
opportunité, qu’au nom de la liberté de choix de Saint-Maur, il faut contractualiser avec l’Etat alors
que jusqu’à ce fameux Conseil municipal jeudi 28 juin 2018, le credo était que l’Etat allait à l’encontre
de la liberté de Saint-Maur, justifiant ainsi ses interminables logorrhées anti-Etat.
Et comment faire confiance lorsque les anciennes postures anti-Etat (renégociation de la dette en
2016, loi Notre, etc…) de l’actuelle majorité municipale sont déguisées en vertueuses collaborations
entre Saint-Maur et l’Etat ?
Et comment faire confiance, lorsque les éléments, incomplets, sont remis en séance aux élus alors
que cela fait 2 mois que la ville travaille à définir sa meilleure « carte à jouer » et négocie avec le
Préfet ?
Et comment faire confiance lorsque l’on sait que la stratégie est de « forcer la main », et qu’un vote
favorable nous serait « retourné » systématiquement lors de tout débat portant sur des impacts
financiers. Alors, …
vote Contre. Non pas contre la contractualisation, car à Saint-Maur elle est indispensable mais en
raison du refus du maire de dire clairement aux Saint-Mauriens ce que cela va leur coûter.

Elisabeth Bouffard-Savary
Conseillère municipale PS Saint-Maur