La politique du logement à Saint-Maur : gabegie et aveuglement

6,4 millions€ d’amende pour non respect d’une loi –la loi SRU- qui vise à assurer un logement décent à chacun de nos concitoyens, telle est la conséquence de la frigidité de la majorité municipale à l’égard du logement social.

6,4 millions€, c’est l’équivalent (à 1 million près) de la Dotation Globale de Fonctionnement que l’Etat verse à la ville pour son fonctionnement ; 6,4 millions€ d’amende, c’est l’équivalent des investissements budgétés pour les écoles et la petite enfance pour 2018 : 6,4 millions€ d’amende, c’est le ¼ des impôts fonciers payés par les Saint-Mauriens ; 6,4 millions€ d’amende, ce sont des services publics en moins, des investissements en moins et … obligatoirement, de nouveaux emprunts, synonymes de nouvelles charges financières.

Cette amende de 6,4 millions€ représente l’insuffisance de logements sociaux par rapport à la loi SRU (7% au lieu de 25%), mais surtout, l’insuffisance des efforts de ces dernières années (1 577 logements étaient requis au titre d’un Contrat de mixité sociale 2014-2016 auquel Saint-Maur comme toutes les villes carencées sont assujetties ; 539 logements ont été enregistrés dont la moitié seulement relève d’une offre nouvelle).

En regard de ces 6,4 millions€ d’amende, ce sont 3 000 familles en attente d’un logement, de nombreux Saint-Mauriens aux revenus faibles ou modestes, mal logés, qui acquittent dans le parc privé des loyers très élevés ; à titre d’exemple, de l’ordre 500 à 600€/mois pour une seule pièce, pas toujours très salubre. et d’autres encore qui quittent Saint-Maur, notamment les jeunes pour se loger à des prix abordables.

Et c’est sans vergogne, agitant sans cesse de nouvelles raisons, que la majorité municipale (LR), sous la houlette du maire S. Berrios, impose à l’ensemble des Saint-Mauriens ses ruineuses postures politiques, se félicitant chaque année, avec pompe et grande auto-satisfaction, de bien gérer la ville !

Certes, un brin de compassion transparait à l’égard des mal-logés, mais il est bien vite effacé, auto-persuadés qu’ils sont que le logement social est porteur de désordres, alors « Qu’il fait si bon vivre à Saint-Maur … ».

Car le fond du problème est bien là. En dépit de quelques slogans d’ »attente », maintenant bien érodés (« urbanisme à taille humaine », « répartition du logement social en petites unités réparties sur le territoire », etc..) rafraichis de temps à autre, si besoin est, par quelques images d’immeubles à étages multiples, la majorité municipale, avec une partie des Saint-Mauriens, ne veut pas de logements sociaux, synonymes, bien qu’ils n’osent l’affirmer clairement, d’une certaine dégradation de « l’identité saint-maurienne».

Qu’importe le coût, pensent ceux qui ont les moyens de payer ce rejet,  et qu’importe tous les autres.

Saint-Maur et ses majorités successives de droite demeurent les championsne incontestées de l’anti-logement social. Ainsi, en 2018, la majorité municipale réussit à capter les 2/3 de l’amende des villes du Val-de-Marne https://94.citoyens.com/2018/quota-de-logement-social-13-villes-val-de-marne-passent-a-caisse,05-03-2018.html

Manque de foncier ? Mais comment font les autres communes du Val-de-Marne ?  Saint-Maur est la seule commune à voir son amende multipliée dans des proportions exorbitantes ; 300 % d’augmentation. Les autres maires sont donc capables de présenter au Préfet une trajectoire crédible ?

Force est de constater que Saint Maur et sa majorité municipale manquent terriblement de crédibilité.

Elisabeth Bouffard-Savary

 

 

 

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