Voeux de la section 2017

DISCOURS DU 21/01/2017

Mesdames, messieurs, merci d’avance pour votre attention.

Tout d’abord, au nom de la section socialiste de Saint-Maur, je vous présente nos meilleurs vœux pour 2017 et une excellente santé pour peut-être vous retrouver ici même aux vœux 2018 de la section !

J’aimerai partager aujourd’hui avec vous une réflexion personnelle sur l’exercice du pouvoir.

Dans un ouvrage nommé « Les socialistes français et l’épreuve du pouvoir » d’Alain Bergounioux et Gérard Grunberg, les auteurs nous parlent du rapport singulier qu’entretiennent les socialistes avec le pouvoir : « un mélange instable d’ambition et de remords ».

Vous qui êtes là, avez tous reçu notre carte de vœux avec la citation de Léon Blum « Toute société qui prétend assurer aux hommes la liberté, doit commencer par leur garantir l'existence. ». Elle fut écrite en 1901, mais je trouve qu’elle résonne étrangement avec le débat actuel sur le revenu universel.

Léon Blum et le « Front populaire ». Ce fut la 1° participation des socialistes pour diriger un gouvernement.

Nous avons tous ici une image positive de cette période avec notamment « les congés payés, la semaine de 40 heures, les nationalisations des industries de guerre, la création de l’office du blé, et le statut de la Banque de France », les accords Matignon, etc. …

Mais à l’époque, dès 1937, on parlait d’échec, de l’échec désastreux du Front Populaire.

Léon Blum, incarcéré par Vichy, en préparant sa défense au procès de Riom en 1942, eut l’obligation de défendre son bilan, et il le fit avec éclat.

Aujourd’hui, on pourrait penser que parmi les regrets ou remords de Blum, il y avait notamment, pardonnez moi l’anachronisme, la non-inversion de la courbe du chômage de l’époque, et pour ce grand féministe le fait de n’avoir pu instaurer le vote des femmes, certes il nomma trois femmes secrétaires d’Etat mais elles n’étaient pas éligibles et n’avaient pas droit de vote. Il n’a pu non plus faire avancer la cause des musulmans en Algérie française, et eut surtout le remords de n’avoir pu soutenir ouvertement le gouvernement républicain espagnol, lâché par les autres membres de la coalition du front populaire, ainsi que les Anglais et les Américains.

Le parti socialiste participa ensuite au pouvoir en France en 1947(avec Paul Ramadier), en 1956(avec Guy Mollet), les deux septennats de Mitterrand (en fait déjà des quinquennats vu les cohabitations), au gouvernement Jospin et maintenant le quinquennat de Hollande.

A chaque fois, il demeure, pour certains, comme un goût d’amertume, de désillusions et cela se termine parfois difficilement.

Je pense surtout à 1993 (60 députés) ou 2002 (échec Jospin).

 Jospin parla d’un droit d’inventaire pour la période Mitterrand.

Concernant le quinquennat Hollande qui n’est pas terminé, il est bien trop tôt pour faire un bilan.

Or, à chaque fois, le positif est loin d’être négligeable, mais il y a toujours de l’insatisfaction. Serait-ce l’histoire du verre à moitié plein ou à moitié vide….

J’émets ici une hypothèse toute personnelle :

Peut-être les électeurs de gauche sont-ils plus exigeants que ceux de droite. Les responsables de gauche plus critiques que ceux de droite.

En effet, j’ai rarement entendu un électeur de droite se dire déçu de « son » gouvernement. Encore moins un responsable de droite exprimer des remords, où alors seulement pour regretter de ne pas avoir plus détricoté ce qu’avait fait la gauche.

Avez-vous entendu l’ancien premier ministre de Sarkozy regretter d’avoir désorganisé les services de renseignements par exemple, ou supprimé des postes de policiers, gendarmes, enseignants, infirmiers ? D’avoir nuit aux résultats scolaires en instaurant la semaine de 4 jours, ou encore d’avoir doublé les déficits des comptes de la nation…

Pas de remords. Jamais de remords.

Au contraire, Fillon nous promet de « casser la baraque » et voici 500 000 postes de fonctionnaires de trop parait-il, et pour les autres, il faudra travailler 39 heures payés 37 (on est loin du travailler plus pour gagner plus !). Quant à la sécurité sociale, il paraitrait que les assurances privées feraient mieux. C’est ce qu’assure le comte De Castries, comme par hasard ancien PDG des assurances AXA, rédacteur principal du programme économique de cette droite ultra libérale qui a choisi Fillon.

On peut lire dans la presse conservatrice l’encouragement suivant : « Fillon doit dynamiter le programme du CNR ! ».

Rien que ça, voila qui promet.

Ce n’est pas une alternance classique gauche/droite qui nous menace. La droite avec Fillon et l’extrême droite sont porteuses de bouleversements nuisibles qui saperaient notre société et la diviseraient durablement.

Ici même, à Saint-Maur, cette droite revancharde a un visage, en la personne du maire Sylvain Berrios.

Il se sert de chaque conseil municipal comme tribune pour condamner toutes les mesures prises par « l’état socialiste ». En 2015, il était partisan de Bruno Lemaire, puis en 2016 de Sarkozy parce que celui-ci promettait s’il était élu de prendre trois mesures qui obsèdent Sylvain Berrios :

  • L’abrogation de la loi SRU concernant le logement social,
  • l’abrogation du non-cumul des mandats de maire et député
  • l’abrogation de la réforme des rythmes scolaires.

Il est clair que son ralliement à Fillon s’est fait sur ces exigences.

Je tiens donc à saluer nos deux conseillères municipales ici présentes : Elisabeth et Catherine qui, dans des conditions difficiles, défendent à chaque occasion nos valeurs.

Et je salue aussi ici les deux camarades qui vont affronter Berrios dans la future campagne législative : Laurence Vagnier en titulaire et Olivier Place en suppléant.

Leur tâche n’est, et ne sera pas facile.

Je peux vous affirmer cependant que pour eux comme pour moi, il n’y a pas de résignation ni d’acceptation de ce scenario que l’on nous prédit de Le Pen/Fillon au deuxième tour de la présidentielle.

Nous allons tout faire pour éviter cela et j’ai le souvenir de ce que disait Rocard en 1978 : « il n’y a pas de fatalité à l’échec de la gauche ». La pièce n’est pas encore écrite et les Français ont souvent le chic pour démentir les pronostics.

Demain c’est le premier tour de la  primaire. Nous vous invitons à participer massivement à cette primaire de la gauche car je suis sûr que vous aussi refusez ce face à face mortifère Le Pen/Fillon que l’on nous promet.

C’est à la fois l’occasion de choisir la personnalité qui doit battre la droite extrême et l’extrême-droite, mais aussi, à mon sens, de donner une orientation programmatique pour la présidentielle.

Certes, il y a près de nous les candidatures autoproclamées de Mélenchon et de Macron. Pour eux pas de primaire.

Leurs programmes ne sont pas à négliger, mais je ne crois pas aux vertus des hommes providentiels… et sur quels partis, sur quelle majorité pourraient-ils s’appuyer ?

Cette primaire apportera une légitimité qui fera défaut à Mélenchon et Macron.

Je suis persuadé qu’il y aura ensuite un vote utile en faveur de celui (ou celle) qui emportera la primaire.

Aidez-nous à faire de ces élections une réussite.

Seule le vainqueur de cette primaire sera en position de battre la droite et l’extrême droite.

La voie est étroite mais elle existe et chaque voix comptera.

Je voudrais terminer mon propos sur une citation beaucoup plus récente : « on peut réformer sans abimer, on peut moderniser sans détruire ».

Ces paroles de bon sens sont de l’actuel premier ministre Bernard Cazeneuve. Elles sont pleines de sagesse.

Merci de votre attention.

………………

Jean-Louis Barthélemy



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